Le « Brexit » : solution pour un couple au bord de la rupture ?

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La stratégie européenne des Britanniques lors du mandat de David Cameron s’est inscrite dans les pas des précédents gouvernements anglais : une « Europe à la carte ». M. Cameron s’est attaché à préserver la souveraineté de la Grande-Bretagne, à conserver le « veto anglais » dans tout les domaines touchant l’intérêt national, à maintenir les prérogatives nationales concernant la politique étrangère, à libéraliser davantage l’économie et à refuser une harmonisation fiscale. Ainsi, après quarante ans de vie commune, le Royaume-Uni et l’UE ressemblent à un vieux couple au bord de la rupture. Le « Grexit » (sortie de la Grèce de l’UE) a laissé place au « Brexit » (sortie de la Grande-Bretagne de l’UE). Un scénario tout à fait plausible devant la forte montée des « eurosceptiques » au Royaume-Uni, et notamment du parti ultra-conservateur UKIP. Quelles peuvent être les conséquences en Grande-Bretagne et en Europe des prochaines élections générales ? Eléments de réponse.

  • L’histoire d’un couple que tout oppose

Depuis longtemps, le Royaume-Uni et l’Union Européenne (UE) apparaissent comme un couple mal assorti. Le Royaume-Uni débute son « aventure européenne » avec une première candidature refusée par la France du Général de Gaulle (1963). A cette époque, le Général de Gaulle estime qu’ils sont le « cheval de Troie » des États-Unis d’Amérique en Europe. (1) Ce n’est qu’en 1973, soit seize ans après le Traité de Rome (1957), que le Royaume-Uni intègre la Communauté Économique Européenne (CEE). Toutefois, son engagement reste partiel. Les dirigeants britanniques éprouvent un certain ressentiment après cette interminable attente pour participer au projet européen. Quarante ans de relations complexes vont en découler, entre deux modèles que beaucoup de choses opposent. Le Royaume-Uni refuse l’entrée dans le système monétaire Européen en 1979, de contribuer au financement de la Politique Agricole Commune (PAC) en 1984,  de participer à la monnaie unique en 1990. A chaque fois, la Grande-Bretagne dit « non » à plus d’intégration. Pourtant, c’est bien le Royaume-Uni qui, en 1961, est le premier pays à vanter les bienfaits d’une union des Etats européens. Malgré cela, l’Europe n’a jamais été un choix populaire au sein du royaume de sa Majesté. Il s’agit plutôt d’un choix par défaut dans des moments de défaillance économique.

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Cette relation, complexe, pourrait bien toucher à sa fin dans les prochaines années. En effet, l’actuel Premier Ministre, David Cameron, a promis la tenue d’un référendum concernant cette question en 2017, s’il est réélu dans le cas où il serait reconduit pour un deuxième mandat. Les élections du 8 mai prochain apparaissent comme les plus indécises de ces dernières années. Au soir du 8 mai, les instituts de sondage prévoient une tractation acharnée, entre les principaux partis, dans le but de faire une coalition et d’arracher la majorité parlementaire (326 sièges). Antony Giddens, professeur de sociologie à l’université de Cambridge, met en avant le fait que ces élections représentent « la fin du bipartisme » que nous connaissons. C’est un phénomène qui se retrouve dans de nombreux pays européens dirigé, selon lui,  par une classe de « technocrates » qui n’auraient pas eu à se « battre » pour acquérir leurs postes de gouvernants. (2)

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  • Entre Labour et Conservateur, un futur européen indécis

La sortie de l’UE est un des principaux thèmes de cette campagne avec l’immigration et l’économie. Depuis quelques années, l’UE est devenu le « bouc émissaire » de tous les maux au sein du Royaume-Uni, ce qui peut expliquer l’ascension de l’UKIP (United Kingdom Independance Party) considéré comme le « Front National » de Grande Bretagne, bien qu’il refuse toute alliance formelle avec le parti de Marine Le Pen.

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 Le 23 mai 2013, alors à mi-mandat, David Cameron a annoncé la tenue d’un référendum en 2017 dans le cas où il serait reconduit en tant que Premier Ministre.(3) Cette déclaration – formulées à des fins purement électorales – était faite pour satisfaire les eurosceptiques, de plus en plus présents au sein de son camp, mais aussi en-dehors. De nombreux observateurs s’accordent à penser que, si David Cameron n’est pas reconduit, les Conservateurs feront une campagne anti-européenne aux prochaines élections. Le but de ce référendum était de « couper l’herbe sous le pied » des eurosceptiques et de l’UKIP, alors crédités par les sondages d’opinion de 20% des voix au prochain scrutin. Le problème de ce pari politique – risqué pour David Cameron – est que cela n’a fait que décupler l’ardeur de ceux qui rêvent de claquer la porte de l’Europe. Après ce discours, David Cameron pensait se sortir de cette situation inconfortable en proposant une nouvelle négociation des traités, mais la France et l’Allemagne lui ont répondu par une fin de non-recevoir. Cet épisode n’a fait que renforcer la vague des eurosceptiques en Angleterre. (4) Selon Denis MacShane, ancien ministre de Tony Blair, la sortie du Royaume-Uni serait une terrible erreur de la part de David Cameron car il devrait négocier des accords avec le Président François Hollande et la Chancelière Angel Merkel qui seront chacun en campagne électorale et qui ne pourront se permettre aucune flexibilité sur les sujets de l’UE. (5) Depuis 2013, c’est un premier ministre faible qui apparaît sur la scène politique anglaise, écartelé entre les orientations de son propre parti et ses ambitions électorales. Dans le cas d’une réélection de David Cameron, le référendum pour la sortie de l’Europe aura bel et bien lieu, comme l’a confirmé l’actuel Premier Ministre lors d’un débat télévisé sur ITV le jeudi 2 avril 2015. (6) Il est fort probable qu’un « oui » au référendum soit obtenu à cause de la pression du parti conservateur et de la presse eurosceptique (dirigée par le magnat des médias Rupert Murdoch).

Le second scénario possible serait un retour du Labour au pouvoir. L’élection d’Ed Miliband aurait pour effet probable de renforcer la fraction eurosceptique de l’électorat britannique. En 2014, Ed Miliband avait surpris tout le monde en affirmant ne pas vouloir d’un référendum s’il était élu. (7) C’est en pro-européen que le leader du Labour s’était présenté, même s’il a repris certains thèmes du Parti Conservateur comme la mise en place d’une limitation concernant la libre circulation des hommes. La stratégie d’Ed Miliband est fondée sur une technique de « triangulation »), souvent utilisée en communication politique, et qui a pour but d’endiguer le camp adverse en s’appropriant certains thèmes de campagne. Le fait est que, selon lui, un engagement européen serait utile pour négocier avec ses partenaires européens plutôt qu’une menace perpétuelle d’une probable sortie de l’Europe. Cette déclaration devait lui permettre de s’affranchir de cette question et d’enfermer les Conservateurs dans les tumultes de l’Europe. De plus, d’après l’institut de sondage Yougov, ce sujet n’intéresserait qu’un Britannique sur six. Cela doit permettre au Labour de se concentrer sur les autres sujets principaux de cette élection. Par ces déclarations, il a rompu avec deux règles d’or appliquées à Westminster depuis un quart de siècle :

  • Toujours satisfaire les eurosceptiques, les journaux et en particulier Ruper Murdoch.
  • Toujours utiliser l’Europe comme bouc-émissaire.

L’élection d’Ed Miliband serait donc une bonne nouvelle pour l’Europe, même si de multiple négociations restent a prévoir. Le débat du 2 avril 2015 entre les sept principaux leaders politiques (8) n’a fait que confirmer les positions des deux grands partis. Durant ce débat, Ed Miliband a affirmé que la sortie de l’UE serait un désastre pour le Royaume-Uni, tant économiquement que diplomatiquement. De son côté, David Cameron a mis en avant que le Royaume-Uni avait mieux réussi que ses partenaires Européens durant son mandat. Il a  réaffirmé la tenue d’un référendum (Manifeste du Conservative Party). L’élection prochaine au Royaume-Uni semble donc porter des enjeux majeurs pour l’Europe. Risque-t-elle d’entraîner un « Brexit » ?

  •    Un « jeu d’échec dangereux » pour le Royaume-Uni et pour l’Europe

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Depuis quelques années, les britanniques ne se « mouillent » plus sur la scène internationale et leur influence est en chute libre. Aujourd’hui, un « NO » britannique n’est plus qu’une gêne passagère alors qu’un «NEIN» Allemand apparaît comme un quasi veto. L’affaiblissement politique, diplomatique et militaire est un échec pour David Cameron. Claquer la porte de l’UE aurait des conséquences désastreuses sur l’influence déclinante des Britanniques à l’échelle mondiale. Toutefois, cela ne freine pas les ardeurs des parlementaires britanniques qui demandent le rapatriement de certaines compétences nationales. Même si la frange pro-européenne des conservateurs ainsi que les milieux d’affaires donnent leurs voix, celle-ci semble s’effacer devant l’éventualité d’un « brexit ». Il est important de comprendre que les Britanniques ont toujours voulu « le beurre et l’argent du beurre » dans l’aventure européenne. Depuis quarante ans, c’est une Europe « à la carte » qu’ils souhaitent. Ils en tirent de nombreux avantages, tels que la moitié de leurs exportations, les investissements étrangers et un système financier favorable pour la dominance de la « City », poumon économique du pays. (9) Même si la sortie permettrait de se défaire de nombreuses réglementations Européennes, telles que la règle interdisant un temps de travail supérieur à 48h par semaine (directive sur les conditions de travail, 2003/88/CE) que certains estiment coûter cher aux sujets de Sa Majesté (près de 9 milliards/an), il n’est pas sûr que les avantages soient permanents et favorables à une « Grande Bretagne ».

            En effet, même si la City domine le marché financier européen, la sortie de l’Europe signifierait une perte d’influence pour elle et un rapatriement d’une partie de ses activités vers la France et l’Allemagne. De plus, une sortie de l’Europe serait extrêmement coûteuse. Le fait de sortir de l’UE leur ferait perdre un accès au marché unique et donc à plus de 500 millions de consommateurs. La seule solution serait la négociation d’un traité leur garantissant cet accès mais là encore, rien ne dit que les Britanniques obtiennent les faveurs d’anciens partenaires européens dont les plus puissants seront en campagne électorale (France, Allemagne). La sortie de l’UE signifie des contrats beaucoup plus difficiles à négocier avec les pays émergents, la nécessité de payer des droits de douane ainsi que la délocalisation de nombreuses entreprises vers le centre de l’Europe. En clair, cela reviendrait à jeter aux oubliettes une partie de leur croissance (2,6 en 2015, taux le plus haut de l’UE) et saperait leur compétitivité.

            De plus, le « Brexit » pose le problème des autres Etats composant le Royaume-Uni. En effet, le « non » au référendum sur l’indépendance de l’Ecosse du 19 septembre 2014 pourrait être remis en cause. Rien ne garantit aux Britanniques de rester un royaume uni après cette séparation. Le pays de Galles, ainsi que l’Irlande du Nord pourraient eux -aussi choisir la voix européenne plutôt que l’isolement britannique. Même si pour le moment, le « Brexit » reste qu’une éventualité (de plus en plus probable), celle-ci aurait de nombreuses conséquences à la fois sur l’Europe mais aussi au sein du Royaume-Uni. Cette situation pourrait continuer à s’empirer avec le fait que le lien entre Londres et Washington sont moins forts que dans le passé, notamment à cause du « flirt anglais » avec la banque Asiatique d’investissement. (10) L’isolement du « Brexit » pourrait être complet si les Britanniques décidaient de claquer la porte de l’UE. Toutefois, le scénario inverse existe mais est moins vraisemblable. Il est possible que le Royaume-Uni reste « uni » et sorte renforcer de ces divers scénarios. Néanmoins, il est difficile d’influencer politiquement et économiquement un monde interconnecté lorsque l’on est sur la « touche ». Pour réussir, ils devraient mettre en place des mesures de protectionnisme économique (perte de croissance), des accords de libre échange (incertain), déréguler complètement leur économie et s’ouvrir totalement à l’immigration (sujet épineux des prochaines élections). (11)

En conclusion, l’annonce d’un futur « Brexit » laisse envisager un futur compliqué à la fois pour l’UE mais aussi pour le Royaume-Uni. Malgré les multiples contraintes que l’UE impose à ses membres, les avantages peuvent être jugés plus importants. Les intérêts du Royaume-Uni ne sont-ils pas aujourd’hui, plus que jamais, au sein de l’Europe ? Le temps de « l’appel du grand large » de Churchill semble bien loin. (12) Par conséquent, les prochaines élections apparaissent comme capitales pour le Royaume-Uni et pour l’Europe. Les issues sont multiples. Même si les promesses d’un référendum sont tenues et le résultat quasi certain, rien ne dit que celui-ci ira jusqu’au bout. La sortie de l’UE n’est pas si simple et aurait un coût astronomique. Les prochaines élections apporteront des informations cruciales concernant l’avenir d’un couple placé devant le choix d’ouvrir un nouveau chapitre de son histoire… ou de tourner la page.

Maxime Roques

 


(1) DUMOULIN Sébastien, « Royaume-Uni – UE : histoire d’un couple économiquement mal assorti » Le Monde Économique (publié le 13/12/2011).

(2) GIDDENS, Anthony, « Une transformation spectaculaire de la politique britannique », l’Opinion (publié le 22/12/2014).

(3) VERNET, Daniel, « L’EU : la bataille d’Angleterre de David Cameron », Slate (Publié le 30/06/2014).

(4) BEYLAU, Pierre, « Royaume-Uni : David Cameron dans un épais brouillard », Le Point.fr (Publié le 13/03/2015).
(5) DE BOURBON, Tristan, « Un Brexit pourrait il tuer le Royaume Uni ? », Bilan (Publié le 17/03/2015).
(6) BBC ELECTION 2015. Cameron and Miliband face TV grilling.
(7) COLOMB, Florentin, « Royaume-Uni : Le labour refuse un référendum sur l’UE », Le Figaro (publié le 13/03/2014).

(8) YOUTUBE. The ITV Leaders’ Debate (UK General Election 2015) 2nd April 2015.

(9) COLOMB, Florentin, « Royaume-Uni : Le labour refuse un référendum sur l’UE », Le Figaro (publié le 13/03/2014).
(10) THE BRICS POST. UK snubs US to join China-led Asian bank.

(11) COLLEN, Vincent, « Royaume-Uni : le prix à payer pour quitter l’Europe », Les Echos (publié le 23/03/2015).

(12) Churchill lança l’appel « du grand large »  qui Royaume Uni vers le commerce international et le libéralisme économique, contrairement au vieux continent.

 

Bibliographie

BARBIER, Christophe, « Union européenne: Il est temps de se débarrasser de l’Angleterre », L’Express, (publié le 03/07/2014). http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/union-europeenne-il-est-temps-de-se-debarrasser-de-l-angleterre_1556270.html : Consulté le 2/04/2015.

BBC ELECTION 2015. Cameron and Miliband face TV grilling. Disponible sur http://www.bbc.co.uk/news/uk-politics-32064712 : Consulté le 2/04/2015.

BEYLAU, Pierre, « Royaume-Uni : David Cameron dans un épais brouillard », Le Point.fr (Publié le 13/03/2015). http://www.lepoint.fr/monde/ou-va-le-monde-pierre-beylau/royaume-uni-david-cameron-dans-un-epais-brouillard-13-03-2015-1912610_231.php : Consulté le 2/04/2015.

BOJESEN, Photo du drapeau anglais (Photo). In : « What have the the Europeans ever done for us ». Disponible sur http://www.voxeurop.eu/en/content/article/3352321-what-have-europeans-ever-done-us Consulté le 18/04/ 2015.

COLOMB, Florentin, « Royaume-Uni : Le labour refuse un référendum sur l’UE », Le Figaro (publié le 13/03/2014). http://www.lefigaro.fr/international/2014/03/13/01003-20140313ARTFIG00264-le-labour-refuse-un-referendum-sur-l-ue.php : Consulté le 2/04/2015.

COLLEN, Vincent, « Royaume-Uni : le prix à payer pour quitter l’Europe », Les Echos (publié le 23/03/2015). http://www.lesechos.fr/monde/europe/0204247438005-royaume-uni-le-prix-a-payer-pour-quitter-leurope-1104627.php : Consulté le 2/04/2015.

DE BOURBON, Tristan, « Un Brexit pourrait il tuer le Royaume Uni ? », Bilan (Publié le 17/03/2015). http://www.bilan.ch/economie-plus-de-redaction/un-brexit-pourrait-tuer-royaume-uni : Consulté le 2/04/2015.

DUMOULIN, Sébastien, « Royaume-Uni – UE : histoire d’un couple économiquement mal assorti » Le Monde Économique (publié le 13/12/2011). http://www.lemonde.fr/economie/article/2011/12/13/royaume-uni-ue-histoire-d-un-couple-economiquement-mal-assorti_1617619_3234.html : Consulté le 2/04/2015.

EVANS-PRITCHARD, Ambrose, Photo d’un puzzle européen (Photo). In : « Wise Men warn on dangerous delusions of Brexit ». Disponible sur http://www.cer.org.uk/in-the-press/wise-men-warn-dangerous-delusions-brexit : Consulté le 18/04/ 2015.

GIDDENS, Anthony, « Une transformation spectaculaire de la politique britannique », l’Opinion (publié le 22/12/2014). http://www.lopinion.fr/22-decembre-2014/2015-anthony-giddens-transformation-spectaculaire-politique-britannique-19661 : Consulté le 2/04/2015.

JACQUE, Jean-Paul, Caricature des relations entre le Royaume-Uni et l’UE (Caricature). In : « Editorial : Brexit ? ». Disponible sur http://www.tepsa.eu/editorial-brexit/ : Consulté le 18/04/ 2015.

MONTGOMERIE, Tim, Photo d’une porte de sorti pour la Grande Bretagne (Photo). In : « Cameron moves towards the exit door, but will Britain ever vote for Bexit ? ». Disponible sur http://www.conservativehome.com/thetorydiary/2014/08/cameron-moves-towards-the-exit-door-but-will-britain-ever-vote-for-brexit.html : Consulté le 18/04/ 2015.

THE BRICS POST. UK snubs US to join China-led Asian bank. Disponible sur http://thebricspost.com/uk-snubs-us-to-join-china-led-asian-bank/#.VQOEhuHiXs5 : Consulté le 2/04/2015.

VERNET, Daniel, « L’EU : la bataille d’Angleterre de David Cameron », Slate (Publié le 30/06/2014). http://www.slate.fr/story/89215/david-cameron-et-la-bataille-dangleterre : Consulté le 2/04/2015.

YOUTUBE. The ITV Leaders’ Debate (UK General Election 2015) 2nd April 2015. Disponible sur https://www.youtube.com/watch?v=2oLlD2WXsYY : Consulté le 2/04/2015.

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