La professionnalisation de la communication politique en question

Compte rendu du dossier « La professionnalisation de la communication politique en question : acteurs, pratiques, métiers », Les Enjeux de l’information et de la communication, vol. 21/2, no. 2, 2020.

La revue Les Enjeux de l’information et de la communication intitule son vingtième numéro publié en 2020 « La professionnalisation de la communication politique en question : acteurs, pratiques, métiers ». Ce dossier traite et questionne principalement la professionnalisation du champ de la communication politique à travers différents prismes : ses acteurs, ses métiers et ses pratiques. Coordonné par Gersende Blanchard et Sandrine Roginsky, ce dossier analyse à travers cinq études pratiques menées sur des temporalités et des aires géographiques différentes, l’apparition du champ de la communication politique puis l’émergence d’une profession qui s’est ensuite développée notamment en lien avec l’évolution des pratiques politiques et l’émergence du numérique. En effet, alors que la politique se professionnalise de plus en plus, de nouvelles professions liées à la communication émergent et se développent. Il s’inscrit par ailleurs dans les thématiques abordées par les différents dossiers de la revue Communication et professionnalisation, ainsi que dans la ligne éditoriale de la revue qui valorise les travaux relevant d’approches théoriques critiques et fondés sur des études empiriques menées dans diverses régions du monde.

Ce dossier pose un regard critique sur un phénomène qui a progressivement évolué dans le temps et dans différents pays. Il est composé de cinq articles qui correspondent chacun à un pays : la RFA, la Suisse, la Belgique, la France et la Tunisie. Tout d’abord, le dossier analyse l’émergence du champ de la communication politique sans pour autant parler de sa professionnalisation, qui s’est ensuite développée et évolue désormais pour s’adapter à de nouvelles pratiques. Outre la diversité territoriale, les acteurs étudiés sont également différents puisque sont étudiés diverses parties prenantes du champ de la communication politique et notamment les « acteurs de l’ombre », questionnant aussi leurs compétences. Ainsi, ce dossier propose une approche par les pratiques, les trajectoires et les paradoxes qui entourent un phénomène qui peine à être défini, articulant les approches disciplinaires et méthodologiques et notamment les sciences de l’information et de la communication ou la sociologie. 

Dans l’introduction, les autrices Gersende Blanchard et Sandrine Roginsky, font le constat d’un « impossible consensus » sur la définition de la «  professionnalisation de la communication politique », comme en témoignent les définitions proposées dans chaque article constituant le dossier, se focalisant sur les acteurs ou encore sur leurs compétences ou leurs pratiques. Pour certains auteurs, la difficulté à définir ce terme se transcrit dans la multitude de métiers qui y sont liés, même si tous les articles s’accordent sur la nécessité de différencier les manières de nommer ces acteurs, leur identité socialeou encore dans les différentes compétences mobilisées.

L’objectif de ce dossier est d’interroger et de croiser les observations menées dans cinq pays différents sur ceux qui font la communication politique et qui sont peu étudiés, constat établi par les différents auteurs de ce dossier. En étudiant leurs parcours, leurs caractéristiques mais également leurs fonctions, leurs métiers et leurs compétences, ce dossier cherche à en apprécier les différences et/ou similitudes dans un contexte de conquête et d’exercice du pouvoir à des échelles et dans des domaines d’action différents, interrogeant ainsi la porosité entre ces derniers. Il permet d’actualiser les connaissances sur ces acteurs parfois méconnus alors même que la communication est devenue une dimension majeure du travail politique.

 Le premier article du dossier[1], intitulé « Une institutionnalisation sans professionnalisation ? L’espace interstitiel de la communication gouvernementale en RFA. » et rédigé par Nicolas Hubé, chercheur en sciences de l’information et de la communication, interroge la réalité même du processus de professionnalisation de la communication gouvernementale puis politique – questionnant de fait la pertinence de la séparation faites entre communication politique publique et institutionnelle – , notamment dans un contexte où le champ de la communication politique est une interface entre le champ bureaucratique, journalistique et politique, eux-mêmes constitutifs du champ du pouvoir. L’approche historique de cet article permet à l’auteur de réaliser une genèse de l’institutionnalisation de la communication gouvernementale en Allemagne, et offre ainsi un point de comparaison avec d’autres systèmes politiques, d’autres territoires.  Nous le verrons par la suite, au même titre que Lara Van Dievoet, Nicolas Hubé en utilisant la méthode prosopographique, science auxiliaire de l’histoire qui étudie la filiation et la carrière des grands personnages, c’est-à-dire la biographie collective, étudie les trajectoires et les profils de dirigeants politiques indépendamment les uns des autres mais aussi « l’étude interne des groupes sociaux »[2]. La prosopographie est donc une méthode permettant à l’auteur de comprendre la construction des groupes sociaux par l’étude individuelle ou collective de ses agents, et de leur position dans un champ en fonction de leur propriété. Cette étude des profils de professionnels du pouvoir allemand est donc un moyen pour le chercheur de questionner comment et pourquoi ces acteurs étudiés ont fait de la communication gouvernementale, et en quoi cela éclaire les spécificités de la communication gouvernementale dans un système médiatique « démocratique corporatiste ». En effet, ce système se caractérise par une presse relativement dépolitisée, une forte professionnalisation et une liberté de la presse assurée par l’État, mais aussi par une forte dépendance institutionnelle. Nicolas Hubé s’intéresse donc au fonctionnement de la communication gouvernementale à travers ses composantes, ses pratiques, toujours en interrogeant son autonomie vis-à-vis des champs du journalisme et de la politique. À travers cet article, l’auteur complète la recherche universitaire portant sur la professionnalisation de la communication politique à travers les trajectoires, et particulièrement sur les conditions de celle-ci. C’est également l’occasion pour Nicolas Hubé de mieux cerner les rapports de domination, de conflictualité et d’interdépendance entre les différents champs composant le champ du pouvoir. Ces éléments lui permettent d’avancer l’idée selon laquelle les trajectoires de dirigeants ayant exercé des fonctions de communication politique, sont révélatrices de la porosité entre les composants du champ du pouvoir. Le peu de conflictualité entre journalistes et politiques en Allemagne induit par ailleurs, selon l’auteur, une non-professionnalisation du champ de la communication gouvernementale. L’absence de conflictualité entre les acteurs du champ du pouvoir – en l’occurrence journaliste et politique – induit qu’aucune fonction n’est assez dominante pour instaurer une hiérarchie permanente et des normes propres à la communication politique.

Le deuxième article du dossier, intitulé « Entre invisibilité et ubiquité : l’émergence paradoxale des professionnels de la communication politique dans les campagnes électorales suisses des années 1940 aux années 1980 »,[3] présente une étude de Zoé Kergomard, chercheuse en histoire contemporaine sur l’évolution de la légitimité des acteurs de la communication politique et la volonté de professionnalisation des partis politiques en Suisse lors de la seconde moitié du 20ᵉ siècle. L’autrice a rassemblé un corpus de procès-verbaux de réunions, de correspondances internes, d’études commandées à des prestataires externes, de rapports et de manuels de campagne provenant des quatre principaux partis politiques au niveau fédéral et cantonal en Suisse lors de quatre campagnes des élections parlementaires fédérales (1947, 1959, 1971, 1983). En partant de l’hypothèse que les acteurs ont « des positionnements mouvants, entre champs politique, médiatique, académique et champs professionnels en cours de définition », l’autrice remarque trois temps de développement des acteurs de la communication politique. Tout d’abord, dans les années de 1940-1950, une première génération de professionnels de la communication apporte ses savoirs et de nouvelles pratiques aux partis politiques. Parmi ces pratiques, on retrouve les sondages, qui à cette période font polémique, alors les partis réalisent eux-mêmes des statistiques électorales. Dans les années 1950, les liens entre publicité et communication politique se développent, et ce, notamment dans les partis de droite où les relations entre publicitaires et militants permettent la réalisation de plusieurs sondages, accentuant l’intérêt de ces enquêtes à l’intérieur des partis. Alors que dans les années 1960-1970, un « malaise » démocratique pèse sur les partis politiques, les professionnels de la communication politique voient leur légitimité s’imposer. Les années 1980 deviennent « insoutenables » pour les partis suisses qui se retrouvent au cœur « d’une crise du politique ». La professionnalisation des campagnes devient nécessaire pour améliorer les performances électorales. Cette émergence des professionnels de la communication politique est alors paradoxale lorsque « l’invisibilité apparente » de ces acteurs contraste avec une ubiquité essentielle à leur collaboration avec les partis, instituts de sondage, agences de publicité ou de relations publiques.

            Dans le troisième article du dossier[4] intitulé « Changements et permanence de la communication politique dans un contexte numérique : le cas des journalistes belges francophones devenus communicateurs », Lara Van Dievoet interroge la professionnalisation de la communication politique en étudiant les transitions professionnelles depuis le journalisme belge francophone. Pour ce faire, elle réalise une étude empirique sur un échantillon de 103 journalistes belges francophones ayant quitté le journalisme pour la communication politique dans les principaux partis belges francophones de 1995 à 2017. Elle étudie ces transitions et montre que celles-ci s’inscrivent à la fois dans un contexte de professionnalisation de la communication politique où les médias occupent une place de plus en plus importante, tout comme le marketing électoral, mais également dans une période de mutation à la fois de la communication et du journalisme vers le numérique. À travers l’utilisation des termes « changement » et « permanence », Lara Van Dievoet montre que la communication politique est, du moins à partir de la période étudiée (1995), un domaine professionnel ancré, mais qui voit ses pratiques évoluer en fonction du contexte.  Le recensement effectué lui permet de dégager des traits communs aux journalistes alors devenus communicateurs politiques (103 profils étudiés) et ce en dégageant les particularités du champ médiatique belge francophone. La chercheuse révèle une concurrence entre les partis politiques qui ont recruté ces ex-journalistes, montrant ainsi une homogénéisation des pratiques d’embauche et des profils recherchés. Lara Van Dievoet souligne l’incompatibilité de pratiquer à la fois le journalisme et la politique, raison de la nécessité d’indépendance de la profession de journaliste pour la production d’une information indépendante. Néanmoins, ce que ces trajectoires révèlent, c’est que si le journalisme cherche à se tenir à distance de la politique pour protéger sa pratique, la politique et notamment les professionnels de la communication politique, cherchent à s’en approcher. Selon la chercheuse, la multitude des intitulés des fonctions appuient l’idée de la double-casquette du communicateur dont les compétences permettent de se déplacer d’une fonction de la communication politique à une autre. Le champ journalistique et le champ communicationnel ont des lieux communs – gérer l’image, les discours, les informations – le journaliste a donc des compétences et une expérience convertible en communication politique. Les pratiques et les compétences des journalistes sont censées être propres à la production journalistique et n’ont pas vocation à être convertis à l’usage des communicateurs politiques.

            Dans le quatrième article[5] du dossier intitulé « Les collaborateurs parlementaires en charge de la communication numérique des députés », la chercheuse Marie Neihouser s’intéresse à des « acteurs de l’ombre » qui restent encore peu connus : les collaborateurs parlementaires et notamment ceux chargés de la communication auprès des députés français depuis 2017. S’appuyant sur les rares études portant sur les collaborateurs parlementaires, elle part du postulat que certaines tâches sont internalisées au sein des équipes parlementaires qui intègrent de plus en plus de compétences communicationnelles. La professionnalisation de la communication des députés s’entend ici comme l’intégration de compétences techniques qui font désormais partie du travail de député et de son équipe à part entière. En se focalisant sur les assistants parlementaires assurant la communication numérique des députés français élus en 2017, Marie Neihouser a tenté d’identifier ces acteurs de l’ombre. Ainsi, elle a croisé les résultats d’un questionnaire mené auprès des collaborateurs parlementaires des députés, des propos collectés en entretiens semi-directif à visée biographique, ainsi qu’une analyse des profils LinkedIn afin d’identifier les personnes en charge de la communication numérique au sein des équipes, ce qu’elle n’a pu faire que dans 25% des cas. La chercheuse en sciences politiques s’appuie elle aussi sur des méthodes de l’enquête sociologique afin d’étudier les trajectoires de ces acteurs. S’ils sont très difficilement identifiables, il s’avère que les collaborateurs chargés de la communication numérique des députés sont majoritairement des hommes, jeunes, diplômés majoritairement de sciences politiques ou de communication et qu’il y a un turn over important. Ce sont majoritairement des premiers emplois pour la moitié d’entre eux, pour qui le travail de collaborateur parlementaire serait un tremplin. La professionnalisation de la communication et l’intégration des compétences techniques spécifiques est également visible par les études faites par les attachés parlementaires étudiés, et montre l’importance de compétences techniques auxquelles s’ajoutent des ressources militantes. Ni uniquement militants, ni uniquement experts, ces collaborateurs intègrent leurs compétences à leur parcours de militants et se servent de leur travail de collaborateur en charge de la communication numérique comme d’un tremplin vers une carrière politique. Si la professionnalisation de la communication numérique des députés n’est pas remise en cause par Marie Neihouser, elle reste tout de même peu définie et peu identifiable. Ces tâches sont intégrées plus largement aux tâches de communication, mais également à du conseil politique. La communication numérique est souvent reléguée au second plan, n’étant pas l’attribution principale des collaborateurs. Elle est d’ailleurs souvent partagée entre plusieurs personnes ou attribuée à des stagiaires. La communication numérique se professionnalise mais les personnes en charge sont rarement spécifiquement formées à cela. En misant sur des connaissances via un usage personnel des réseaux sociaux, elle témoigne d’un rôle encore relativement nouveau, en construction et en cours de stabilisation restant secondaire dans certaines équipes parlementaires.

Dans le cinquième et dernier article[6] de ce dossier intitulé « Les acteurs de l’ombre. L’étude du profil des chargés de la communication numérique des partis politiques tunisiens, Bader Ben Mansour, doctorant en communication publique, propose une étude menée quelques mois avant les premières élections municipales du 6 mai 2018 en Tunisie, sur l’identification du profil des chargés de la communication numérique des partis politiques tunisiens, qu’il caractérise « d’acteurs de l’ombre ». À travers des entretiens semi-directifs et une connaissance complète de la révolution tunisienne de 2011, l’auteur revient sur l’identité des acteurs en charge de la communication numérique au sein des formations politiques et leur rôle dans la révolution tunisienne. Cette étude permet à Bader Ben Mansour de faire un état des lieux de trois différents profils identifiés, en Tunisie, en lien avec la communication au sein des partis politiques : les « apparatchiks », les « experts en communication » et les « techniciens », tous qualifiés,  de « fortement diplômés ». L’auteur interroge les propriétés sociales et les parcours des acteurs de la communication politique. L’étude révèle que les positions dominantes, celles des « apparatchiks » sont occupées par des professionnels issus de la médecine, du juridique, du journalisme ou des métiers de l’enseignement supérieur. Ainsi, les positions qui leur sont conférées/ attribuées font suite à leur expertise en communication plus qu’à leur formation ou leurs compétences générales en communication. Ils n’ont majoritairement joué que des rôles de spectateurs/ observateurs lors de la révolution tunisienne. Les « experts en communication » ont, eux, été engagés dans le champ de la communication pour leur expertise et sont souvent liés aux dimensions de la communication et du numérique des partis. On y retrouve majoritairement des femmes contrairement aux « apparatchiks ». L’engagement de ces personnes, lors de la révolution tunisienne, s’étant majoritairement fait sur Facebook. Enfin, la troisième catégorie « les techniciens », sont ceux ayant été les plus actifs lors de la révolution de 2011 et sont qualifiés de « cyberactivistes ». Ils ont majoritairement des compétences en informatique, et ont été recrutés pour leur activisme et leur capacité à mobiliser les citoyens sur les réseaux sociaux. Cette catégorie d’acteurs a commencé à émerger après la révolution tunisienne contrairement aux deux premières. En effet, l’apparition des « cyberactivistes» dans la sphère de la communication politique, et plus précisément dans la branche du numérique, met en lumière une caractéristique de recrutement spécifique à certains acteurs présents dans les partis politiques tunisiens. La communication politique fait dès lors partie du champ du pouvoir où gravitent différents acteurs issus de formations diverses, recrutés pour leur capital symbolique, social et culturel.

Ainsi, les divers articles de ce dossier questionnent les processus et les conditions de professionnalisation de la communication politique à travers ceux qui la pratiquent, leurs métiers et leurs trajectoires. Les productions de ce champ de la recherche universitaire ont pour habitude de s’intéresser à la communication politique de manière générale et non pas sous le prisme de sa professionnalisation. Il est alors enrichi par une approche composite : en termes de territoires, de profils et trajectoires étudiés, de périodes historiques, de systèmes politiques et de pratiques. Un des apports principaux de ce dossier et le point de jonction entre tous les articles, a trait à une étude approfondie et comparative des trajectoires professionnelles, des compétences, des pratiques et des métiers des communicants et communicateurs politiques. L’un des apports de ce dossier est donc de caractériser les évolutions de la communication politique qui est d’abord une interface entre les diverses composantes du champ du pouvoir, mais aussi l’outil privilégié de sa légitimation. Ses évolutions se font donc dépendamment de ce dernier, dans un contexte de forte hiérarchisation des postes des compétences et d’interpénétration des composantes entre-elles. Ce dossier nous révèle donc que la communication politique est en perpétuelle mutation, et ce en fonction notamment des évolutions techniques et notamment numériques. Sa capacité d’adaptation est donc un aspect essentiel de ce champ professionnel, dont les pratiques évoluent mais pas les objectifs : légitimer le pouvoir et assurer sa pérennité.

Léna BOUKHELIFA, Sara KHETTABI, Chloé LAURENT et Benjamin MOREAU (M2, 2022-2023)


[1] HUBÉ Nicolas, « Une institutionnalisation sans professionnalisation ? L’espace interstitiel de la communication gouvernementale en RFA », Les enjeux de l’information et de la communication, 2020 n°21, p.13 à 26.

[2] PUECH Vincent, « La méthode prosopographique et l’histoire des élites dans l’antiquité tardive », Revue historique, n°661, 2012.

[3] KERGOMARD Zoé, « Entre invisibilité et ubiquité : l’émergence paradoxale des professionnels de la communication politique dans les campagnes électorales suisses des années 1940 aux années 1980 », Les enjeux de l’information et de la communication, 2020 n°21, p.27 à 39.

[4] Van Dievoet Lara, « Changements et permanence de la communication politique dans un contexte numérique : le cas des journalistes belges francophones devenus communicateurs », Les Enjeux de l’Information et de la Communication, n°21/2, 2020, p.41 à 49

[5] NEIHOUSER Marie, « Les collaborateurs parlementaires en charge de la communication numérique des députés », Les Enjeux de l’information et de la communication, 2020/2 (N° 21/2), p. 51-65.

[6] BEN MANSOUR Bader, « Les acteurs de l’ombre. L’étude du profil des chargés de la communication numérique des partis politiques tunisiens », Les Enjeux de l’information et de la communication, 2020/2 (N° 21/2), p. 67-79

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